• En France, l'immigration politique commence dans les années 1830. il se produit un premier décollage avec l’arrivée d’exilés politiques européens (Polonais, Italiens, Espagnols, Allemands). Les immigrés venus des pays voisins de la France dominent très largement : Belges, Anglais, Allemands, Suisses, Italiens, Espagnols. Sans en exclure d’autres, issus de l’Empire russe y compris de sa partie polonaise (juifs persécutés, opposants politiques, savants, artistes). En 1931, la présence étrangère constitue environ 7% de la population totale, une proportion jamais dépassée depuis. La France devient la principale terre d’accueil d’exilés politiques. Après une période de stagnation quasi-complète, concomitante à la guerre de 1940-1944 et donc de l'occupation, l'immigration économique, jusqu’ici réservé aux entreprises privées, devient progressivement une demande de l'État. Qu’ils soient Arméniens ayant échappé au génocide turc, Italiens antifascistes, Russes chassés par le bolchevisme, Allemands antinazis ou Espagnols rejetant le franquisme, et dans un contexte de guerre froide, beaucoup trouvent asile en France venant soit de pays communistes, soit d’États à dictature militaire. Stimulés par les besoins en main-d’œuvre des Trente Glorieuses, ces nouveaux émigrants entrent en France dans les conditions diverses, les uns recrutés légalement, les autres clandestins. Cas à part, les Algériens bénéficient longtemps de la libre circulation. De 1,7 million d’étrangers en 1946, on atteint le double, 3,4 millions, en 1975. À partir du milieu des années 1970, seuls les étrangers concernés par le regroupement familial et les demandeurs d’asile ayant obtenu le statut de réfugié sont autorisés à s’installer en France. La transformation du marché du travail et la persistance d’un chômage structurel de longue durée mettent un frein à l’immigration de masse. Néanmoins, le vieillissement de la population et les besoins en main-d’œuvre dans certains secteurs particulièrement déficients, tels le bâtiment, les travaux publics ou l’hôtellerie, incitent les pouvoirs publics et les entreprises à se tourner vers les travailleurs étrangers, au-delà des pays frontaliers. En 2001, l’Europe accueille 1,2 million d’immigrants. C’est plus que les États-Unis et le Canada réunis. Alors que le progrès technologique apporte un bien-être social et sociétale en Europe, les femmes acquièrent également l'accès à la pilule et à l'avortement permettant ainsi une baisse considérable de la natalité. La part d'Européens s'amenuise pendant que celle d'Africains continue de croître. L'Afrique s'impose à la fin du siècle comme le principal pourvoyeur de main d'œuvre étrangère en France. Jusqu'en 1975 cet Africain était principalement Algérien. Avec les réfugiés de l'ex Indochine, du Liban, d'Irak, les travailleurs Turcs...l'Asie contribue également à l’élargissement géographique. Malgré le nombre accru de nationalités présentes (plus d’une centaine aujourd’hui) et leur origine de plus en plus lointaine, le pourcentage d’étrangers en France n’a dépassé celui de 1931 (...) sauf en 1982 (...). Depuis il lui est inférieur (...). L’élargissement géographique s’accompagne d’une diversification extrême, tant des lieux de départ que des parcours migratoires et des projets de migrants, certains d’entre eux ne faisant que transiter dans l’hexagone. Aujourd'hui nous pouvons parler d’une France ouverte au monde comme l'est l'Europe.

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